24 septembre 2009

First steps

It's a new dawn ...

Assis dans mon canapé rouge, face au lit sans draps encore, au mur sans ornements, l'ordinateur sur mes genoux. Premières courses faites, rudimentaires, à la hâte — pour le premier dîner, puis le premier petit-déjeuner, et entre temps la première nuit. Un bulletin en direct de mon nouveau chez moi — mon home sweet home à Reading, United Kingdom.

... it's a new day ...

Je sors de l'avion — il fait encore jour, le soleil brille au loin, effleurant l'horizon, et jaillit sur un des flancs de l'avion qui projette son ombre démesurée sur le tarmac. Un sourire aux lèvres. Après l'heure et quart de voyage, recroquevillé sur Le Gai Savoir de Nietzsche qui occupe mon esprit et mes temps libres actuellement — succédant à d'autres, et précédant que sais-je encore ; l'engourdissement guettait les membres à défaut de l'esprit maltraité par la verve déstabilisante du poète allemand — enfin s'emplir les poumons d'air frais, poser le pied à terre, humer le bitume sec. A bord, j'ai lu par-dessus l'épaule d'une enfant qui s'appliquait à écrire une dissertation. What drawing is all about, s'intitulait-elle ; entreprise dont l'immensité s'est trouvée ridicule face à la désarmante simplicité de la petite. Drawing is about being creative and having fun. [...] I think that you need to really have fun to be a reall [sic] artist. Tout est dit.

... it's a new life ...

Je roule en direction de l'aéroport de La Rochelle, petit bâtiment de préfabriqués, chétif, peureux, sans envergure. Ma mère au volant. Je viens de raccrocher son téléphone, Cisco au bout du fil. La tournée d'au revoir est de facto bouclée ; inachevée, évidemment — ça ne tient qu'à moi — je ne sais pas comment faire. Au revoir vous aussi, les autres, les oubliés de cette fois-ci. Les fâchés. Les rancuniers. Et les indifférents. Plus que quelques heures, deux à peine, et l'avion décollera — m'emportera loin du tumulte de ces derniers mois — loin de l'oisiveté solitaire de ces vacances — plongeon dans l'altérité presque inconnue d'une nouvelle vie. Je sera un autre. J'emporte finalement assez peu de choses ; contrainte de transporteur et incarnation de la mue à venir ; là-bas m'attend une nouvelle peau — il faudra laisser au terminal celle de l'adolescent qui joue à l'adulte, qui veut affirmer intransitivement et bafouille comme un enfant.

... for me.

Je pourrais remonter le cours de ces quatre derniers mois ; il y aurait beaucoup de choses à dire ; beaucoup de choses à défaire qui ne le pourront être ; des erreurs, des regrets, des should have. Mais le passé ne m'appartient pas et ce n'est pas même au-devant qu'il faut porter mon regard — hic et nunc — voila le seul absolu. Celui vers lequel tout entier je suis désormais tourné. Par-delà bien et mal ne subsiste que l'instant — ne règne que l'instant — à rebours du temps qui charrie avec lui la frénétique et absurde quête de vérité qui anime tout un chacun. Des expériences passées, le souvenir ne doit pas s'effacer ; cette seule règle doit tempérer l'éruption passionnelle, le jaillissement animal de la vie. Je n'oublierai pas.

And I'm feeling good.

On ne regrette que les êtres, les actes sont trop insignifiants par comparaison. Que cela soit dit — je vous regrette.


Music : Guster ~ [Ganging up on the sun] Ruby Falls

1 commentaire:

  1. Pieds joints sur une nouvelle case départ
    Apprendre à vivre c'est avancé pas à pas le regard droit devant ;)

    Encore une fois je te souhaite le meilleurs!

    (agréable de te lire)

    OsmOse

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